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Prague, capitale magique de l'Europe

  • Photo du rédacteur: Rubex
    Rubex
  • 11 mars 2019
  • 7 min de lecture

“It’s rather gloomy in Prague, no letter has arrived yet, the heart is a little heavy, it’s actually impossible for a letter to have arrived, but try and explain that to the heart.”

Franz Kafka - Letters to Milena



La ville à parfaite équidistance entre Sofia et Paris se nomme Carinthia en Autriche. Pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer que Prague, à quelques kilomètres au nord, était plus attirante pour se retrouver avec la jeune fille dénommée Sarah…


On décide alors de passer quatre petits jours dans la capitale tchèque. Le vendredi, après avoir atterri et retrouvé l’appartement, je passe la journée à travailler depuis le salon, tout en m’octroyant de petites balades dans le quartier très coloré de Zizkov. Même si travailler dans un bureau consiste à être assis sur une chaise, il implique également un manque cruel d’activité physique. Mais, le fait de pouvoir travailler de n’importe où est quand même un avantage considérable. Je compte donc bien faire pas mal de télétravail pendant les prochains mois parce que pouvoir sortir de l’immeuble et visiter Prague à la fin de la journée, c’est quand même magnifique !


Après avoir retrouvé une parisienne perdue dans “Praha”, on passe la soirée à se promener et on tombe sur un monument un peu insolite… La tour de télévision de Prague. Au pied et de nuit, on ne s’en rend pas bien compte mais en prenant un peu de hauteur les jours qui suivent, on réalisera le désastre architectural que ce monstre représente pour cette ville majestueuse…






Bon alors, pour bien comprendre cette ville, un peu d’histoire s’impose !


La partie la plus intéressante commence avec le règne du Saint patron de la Tchéquie : Venceslas, 1er duc de Bohême (né aux alentours de 907) qui fonda la rotonde préromane et qui posa la première pierre de l’actuel Château de Prague, sûrement le monument le plus touristique aujourd’hui. Au XIVème siècle, le roi de Bohême et empereur du Saint-Empire germanique, Charles IV, décide de faire de Prague la capitale de l’empire. Il fonde la nouvelle ville (Nove Mesto), le fameux pont en pierre appelé aujourd’hui “pont Charles” et l’impressionnante cathédrale gothique Saint-Guy qui se trouve dans l’enceinte du château. La période baroque arrive alors et complète les précédents styles architecturaux, de même que le style néo-renaissance illustré par le magnifique théâtre national.

A la fin de la première guerre mondiale, un nouvel état émerge : la Tchécoslovaquie. Il subit la loi de Hitler puis la présence de l’URSS qui enferme le pays sur lui-même. Profitant de la perestroïka, puis de la chute de l’URSS, le pays se sépare de manière très douce, d’où la fameuse “révolution de velours”. La Tchéquie est alors née !

L’architecture contemporaine viendra sublimer cette ville dans les années 2000… Mais trève de plaisanterie, comme on dirait en bulgare , “Haide!” (let’s go!)



On passe la première journée à flâner dans les rues, dans les boutiques de petits artisans, dans les marchés…

Les mélanges architecturaux sont vraiment impressionnants ! On passe sur la vieille place pour admirer l’horloge astronomique qui date de 1410 et qui offre un spectacle … décevant, mais qui reste très belle ! Sur cette horloge, on peut lire :

  1. L'heure locale, désignée par la main dorée sur les chiffres romains ;

  2. L'heure en douzièmes de jour, désignée par la position du Soleil sur les courbes dorées ;

  3. L'heure en anciennes heures tchèques, désignée par la main dorée sur les chiffres gothiques ;

  4. La position du Soleil dans le ciel ;

  5. La position de la Lune dans le ciel ;

  6. La phase lunaire ;

  7. Le signe astrologique zodiacal dans lequel on est (ainsi que le décan) ;

  8. Le temps sidéral, indiqué par la petite étoile dorée.

Une vraie montre connectée !







On traverse le fameux pont Charles et on peut admirer le château sur fond d’un groupe de jazz : ambiance super cool ! On s’éloigne un peu des touristes pour aller manger dans un marché : gnocchis aux épinards, saucisses aux herbes avec de la moutarde et un petit Trdelník, spécialité praguoise en dessert ! Super bon et bien typique, tout comme il faut !




On repart sur la petite île de Kampa où on peut apprécier le reflet de la vieille ville sur la Vltava, le fleuve le plus long de la Tchéquie. L’île est super paisible et ce côté de Prague semble être un quartier plus résidentiel (on peut effectivement penser, au vu du nombre de touristes, qu’aucun praguois n’a mis les pieds dans la vieille ville depuis au moins 200 ans…). On tombe alors sur le mur John Lennon, un mur rempli de graffitis symbolisant la lutte contre le communisme dans les années 80, où un guitariste joue les standards des Beatles, ambiance 60’ assurée ! En fin d’aprèm’, on gravit la colline de Petrin où se trouve une miniature de la tour Eiffel qui permet d’avoir une vue d’ensemble de la ville. La légende raconte que la hauteur entre la vieille place et le sommet de la miniature ferait exactement la hauteur de la vraie tour Eiffel. C’est sûrement faux mais on peut donc observer la magnifique ville avec un peu de hauteur et le spectacle est superbe. On remarque quand même le mirador : la fameuse tour télé et là, on comprend pourquoi les praguois la détestent tant …





On finit la journée au musée Franz Kafka (auteur du très, très particulier roman “La métamorphose”). Le type était clairement “perturbé” et le musée permet de retracer l’histoire de Prague au moment de la transition entre le XIXème et le XXème, les maladies fatales de l’époque (comme le dit si bien Laurent Alexandre, “Il ne faut pas croire que c’était mieux avant !”, Kafka est mort à 40 ans de la tuberculose …) et également la vie que menaient les juifs à l’intérieur du ghetto de Prague.






On passe la soirée dans un restaurant de notre quartier où on mange nos premières Guláš (Goulash) et Svícková na smetane (un rôti de boeuf servi avec de la crème fouettée et des cranberries) tout en dégustant la bière locale : la Pilsner Urquell. C’est pas très raffiné, mais c’est plutôt bon et ça tient bien au corps : que rêver de mieux ?





Le lendemain, on part très tôt au château pour éviter les touristes mais le clou du spectacle, la cathédrale Saint-Guy est exceptionnellement fermée pour raison inconnue (même pour les guides locaux). On part alors dans le quartier juif où on passera la plus grande partie de la journée.



On commence alors par entrer dans la synagogue Pinkas qui met tout de suite dans l’ambiance puisque l’ensemble des murs est recouvert de noms de juifs ayant succombés à la barbarie nazie. A l’étage, une collection de dessins d’enfants est exposée et on découvre la vie dans le camp de transit Terezin, situé à une heure de Prague, où les nazis expliquaient aux juifs qu’ils les emmenaient pour que leurs conditions de vie soient meilleures … La synagogue fait froid dans le dos et, comme dans de nombreux lieux qui relatent des horreurs pareilles, l’atmosphère est toujours très particulière (comme au centre S21 à Phnom Penh notamment).

La visite se poursuit avec, pour détendre tout le monde, la découverte du cimetière juif. Situé en plein milieu de la vieille ville, ce cimetière a été créé en 1439 en prenant de l’ampleur mais, par manque de place, les cadavres se sont empilés (parfois dix corps ont été enterrés les uns sur les autres !) et les pierres tombales sont placées un peu n’importe comment, très chaotique. Les photos parleront d’elles-mêmes puisqu’il est difficile de décrire le sentiment qu’on éprouve en marchant au milieu de ces tombes :






Avant de se diriger vers la dernière synagogue (d’autres synagogues servaient de musées pour expliquer des traditions et des coutumes juives), on s’arrête pour manger au Lokal : une sorte de brasserie tout en longueur très bruyante et très prisée des locaux. On y mange des spécialités tchèques tout en étant assis à la même table que des inconnus et la Pilsner pression coule à flot : d’enfer !





Après ça, on repart vers la synagogue espagnole qui, comme vous pouvez le voir, est vraiment magnifique et on trouve une étrange (autant que le personnage lui-même) statue de Kafka juste devant le monument.





On passe la fin de journée à marcher dans la nouvelle ville dont les styles architecturaux se mélangent à la perfection et on file à l’opéra pour assister à “Madama Butterfly” où on a pu avoir des places (certes debout) pour 9€ !


A la fin du premier acte, Sarah décrète que certaines places sont vides et qu’on peut aller logiquement les prendre. Moment très gênant quand des mecs en costume trois pièces et des charmantes demoiselles en robe de soirée nous expliquent gentiment que “c’est le carré d’or ici et qu’on est assis à leur place (sans mauvais jeu de mots)” …

On retourne dans notre perchoir qui n’était finalement pas si mal. La représentation était magnifique avec une mise en scène très moderne et le dernier acte… Une tuerie à lui tout seul !






Le lundi, on décide de prendre notre temps et de ne pas visiter Notre-dame-de-Lorette et de ne découvrir que le château (visite qui dure quand même trois heures). Le château symbolise parfaitement les différentes époques qui se sont succédé avec comme exemple, la cathédrale Saint-Guy, de style gothique qui se trouve au milieu de bâtiments complètement baroques, un subtil mélange permettant de retracer l’histoire de la ville. La cathédrale est évidemment l’élément majeur puisque tout est magnifique et imposant à l’intérieur. Elle accueille les tombeaux de Venceslas et de l’empereur Charles IV et l’histoire de sa construction est complètement folle avec différents architectes se succédant et des scandales qui éclatent. Il faut dire que la première pierre est posée en 1344 (l’architecte de l’époque est français car Charles IV voulait s’inspirer des cathédrales de notre très chère France) et les travaux se terminent seulement en 1929 !

La visite du château s’achève avec la ruelle d’or, appelée ainsi à cause des orfèvres qui y travaillaient. Des mendiants y ont habité au XXème siècle et une maisonnette a vu l’écrivain Kafka, encore lui, y rédiger Un médecin de campagne. On peut y voir des reconstructions des intérieurs et franchement, c’est cosy, pas besoin de plus de place pour vivre !






Le château accueille aujourd’hui les bureaux du président de la République et après la visite, on comprend pourquoi il est tant renommé ! Un vrai manuel d’histoire et d’architecture.

On flâne une dernière fois dans la ville et on mange notre dernière goulash en sirotant notre dernière Pilsner avant de repartir direction l’aéroport en fin d’après-midi pour regagner Paris pour madame et Sofia pour moi !



Quelle ville ! On avait rarement vu une ville regorgeant d’autant de monuments, de lieux secrets et, tout simplement, aussi esthétique avec une telle harmonie architecturale ! Enorme coup de coeur et ça mériterait même d’y retourner pour profiter, de manière posée, de la vie locale, qui doit être sûrement super cool et ne pas se consacrer uniquement aux lieux touristiques.


Si vous ne savez pas où passer vos prochaines vacances, que vous voulez du dépaysement, de l’histoire et que vous disposez d’un petit budget, faites-y un saut, vous n’allez pas être déçu !



Pépite, Production, Marron



Petit PS sur David Černý : Avant de vaquer à tes occupations, regarde ces quelques clichés des sculptures de cet artiste fou que l’on peut retrouver un peu partout dans la ville. L’art conceptuel, c’est quand même quelque chose !





 
 
 

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