Perdu dans la campagne bulgare à Koprivshtitsa
- Rubex
- 24 mars 2019
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 mai 2019
Koprivshtitsa
C’est dur à lire hein ?
Avec un pote rencontré le semestre dernier (le marathonien fou, pour ceux qui ont suivi la page Facebook dédiée entièrement à cet illustre personnage) qui vient de poser, comme moi, ses valises pour six mois ici, on décide d’aller explorer la campagne bulgare qui semble receler des petites pépites qui méritent d’être découvertes !
Samedi, 8h45 après avoir quasiment raté le train, on sort tranquillement, très tranquillement de Sofia (le train roule à 50km/h en Bulgarie mais le billet coûte 3 leva, 1,5€ alors on peut pas vraiment se plaindre et comme ça on peut admirer les paysages montagneux). A peine après dix minutes de trajet, on se retrouve en plein milieu de champs avec des mecs qui font rentrer des vaches dans des étables : peu courant pour une capitale !

Après deux petites heures, on débarque à la gare de Koprivshtitsa où un petit van amène les passagers au centre du village. Par chance, on arrive le jour du saint Todorov.
Retour 50 ans en arrière dans un petit village avec quelques maisons encore en bois, des belles rues pavées ; il est 11h, tous les bulgares boivent de la bière, mangent des énormes hot dogs et hurlent pour … la course de chevaux organisée pour l’occasion !
On reste un peu, le temps de voir des cavaliers acharnés se tirer la bourre et de prendre en photo un type improbable. Normalement les mecs, les vrais, les bikers quoi, ils se font photographier avec leur bécane, à Koprivshtitsa, c’est un peu différent… Un bulgare se fait photographier en prenant fièrement la pose avec … Son âne ! La Bulgarie est incroyable.
On part se promener dans les rues où on ne croise pas un chat parce que tous les habitants sont à l'hippodrome. Les petites ruelles sont vraiment jolies et, fait notoire, les gens sourient beaucoup plus ici et sont bien plus accueillants ! Comme j’avais déjà expliqué, à Sofia tu peux très bien acheter une Banitsa sans échanger un seul mot avec la boulangère mais ici, c’est plus détendu.
On mange le combo classique : bob (soupe de haricots blancs avec des petits épices) et un siréné po chopski (des tomates et des poivrons cuits avec une sorte de feta dans un plat en terre cuite au four et on casse un oeuf dessus pour les dernières minutes de cuisson) : délicieux !
On s’aventure un peu plus dans le village où même les supermarchés et les panneaux de banque sont en bois, pour s’intégrer dans le paysage et rendre le tout homogène et on achète des tickets pour visiter six maisons datant du début du XIXème où des personnes importantes ont vécu.
En fait, le centre de la Bulgarie est très important pour le pays car c’est de ces petits villages que la révolution s’est vraiment organisée.
Il faut bien comprendre que la Bulgarie était un des pays préférés de l’empereur Constantin 1er qui était le premier empereur romain catholique. Pour des raisons économiques, il choisit Byzance comme capitale de l’empire romain (qui prendra par la suite son nom : Constantinople) mais à cette époque (environ 300 ap. J-C) tous ces pays étaient liés par l’empire : pas de guerre... Mais pendant les mille ans suivants durant lesquels les bulgares s’allient aux slaves, se convertissent au christianisme orthodoxe et adoptent l’alphabet cyrillique, ils vont se battre sans cesse contre les ottomans jusqu’à tomber définitivement sous leur joug pendant plus de cinq siècles du début du XIVème jusqu’en 1878.
Et c’est donc au début des années 70 qu’une révolution commence à réellement s’organiser grâce au héros national : Vasil Levski (Vasil le Lion). Une fois pendu par les ottomans pour ses actions, les révolutionnaires explosent et le premier coup de feu est tiré aux environs de Koprivshtitsa. Un résistant écrit la fameuse Bloody Letter avec le sang du premier ottoman tué par le mouvement de révolution et la guerre éclate. Bien aidée par la Russie, la Bulgarie est libérée le 3 mars 1878.
Mais comme vous pouvez le lire dans la traduction de la prière sur l'image en-dessous, ce n'était pas le grand amour !
On peut donc visiter des petites maisons avec des petites expositions qui racontent l’origine du soulèvement et son déroulement. On découvre également la maison d’un type qui a passé 50 ans à écrire le premier dictionnaire de bulgare. Gros débat s’ensuit pour savoir comment s’y prendre pour écrire un dictionnaire, sérieux c’est pas une mince affaire ! Essaye d’y réfléchir pour voir.

Après avoir galéré pour retrouver notre guesthouse (l’adresse sur booking était mauvaise, on ne savait même pas que c’était possible ! Et jetez un coup d’œil au matelas et au sommier, ça vaut bien 7€ la nuit ), on part manger dans un restaurant traditionnel. Zagorka (bière bien typique bulgare), tarator (tzatziki sous forme de soupe) et sirene po chopski (encore !) sont excellents. La soirée explose quand les bulgares se mettent à faire des danses traditionnelles. On apprend les pas et on balance un madison endiablé suivi de la macarena. On pensait alors que l’ensemble du restaurant allait venir pour apprendre mais seules deux petites viennent danser et tout le restaurant nous filme … Moment assez gênant il faut avouer mais on effectue une sortie triomphale du restaurant ponctuée de grands “TCHAO”. MEMORABLE.
Le lendemain on se lève tôt, on déjeune le classique Banitsa-Boza au bord de l’eau et on file à l’office du tourisme pour demander les randonnées possibles autour du village (qui est, rappelons-le, au milieu des montagnes). On nous répond de surtout ne pas aller en dehors à cause de “Big dogs” qui rôdent. Bizarre de ne pas inciter les gens à aller marcher dans les montagnes...
On part alors en suivant un itinéraire de Maps.ME et on se retrouve vite perdu au milieu de la nature et … à se faire attaquer par les fameux big dogs. Big dogs qui sont, en réalité, les chiens des bergers qui rentrent des moutons et qui sont, certes très gros, mais pas si méchants ! On prend un peu de hauteur et on rencontre Casimir. Alors Casimir… on a beaucoup de suppositions sur la vie qu’il mène mais une légende bulgare raconte que personne ne sait vraiment comment il occupe ses journées. En réalité, c’est un berger qui promène son troupeau de moutons bien aidé par ses trois chiens et qu’on rencontre au milieu de nulle part, vraiment.
Il nous explique, ou plutôt, on en déduit qu’il nous montre la montagne Rila d’un côté (où j’étais allé quelques semaines plus tôt) et de l’autre, le Grand Balkan. On mange une sorte de vache qui rit avec du pain, avec la vue sur toute la Bulgarie, plutôt sympa, et on repart tranquillement. Le paysage ressemble étonnamment à celui du sud de la France et comme pour les Chocolate Hills des Philippines, l’herbe est brûlée par endroit. En tout cas, l’environnement et les paysages sont magnifiques.
En redescendant sur Koprivshtitsa, on croise des chevaux et des vaches plus ou moins domestiqués et un motard fou qui essaie de nous dire quelque chose, on ne comprendra que “touristi” mais il avait l’air sympa.
On sort de la forêt avec une vue plongeante sur le village. Finalement, pas de méchants “big dogs” mais une superbe marche de 6h. On entre dans le village au moment parfait pour reprendre le bus pour aller à la gare et rentrer sur Sofia.
Encore une sacrée découverte ! Au plus près de la culture bulgare dans un village très typique perdu au milieu des montagnes … What else?
Le combat continue,
Pépite, Production, Marron









































































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